Fiche: L’influence des traumatismes de l’enfance

Source: Professeur Bernard Herzog

L’influence des traumatismes de l’enfance

Du Professeur Bernard Herzog *

* Société Française de Psychanalyse Adlérienne, mai 2008

La santé psychologique des personnes est extrêmement importante car la déstructuration psychologique est source d’une foule de fléaux, tant pour le sujet, les siens, que la société.

Quelles peuvent être les causes de ces mal-aises ? De ces mal-êtres ?

Nous avons à considérer dans les origines différents petits chapitres concernant l’enfance.
Si la petite enfance a été soumise à d’importantes pérégrinations psychologiques, à des agressions physiques ou psychologiques permanentes, nous allons observer une déviation plus ou moins perverse qui va naturellement se développer par la suite.
C’est dire que l’enfant va mélanger les repères pour s’approprier des repères dont l’imaginaire ne sera jamais atteint. Alors que dans le cadre normal, l’imaginaire doit coller aux repères dressés sur le chemin de son éducation. Par exemple, si un enfant est battu en permanence dans l’enfance, maltraité, mal nourri, cela va occasionner des carences non seulement physiologiques, secondaires à des carences vitaminiques évidentes, mais également des carences psychologiques où les points de repères paternels et maternels font absolument défaut.

Ces défects se situent lors de l’embryogenèse et de l’organogenèse du cerveau. Au cours de l’enfance, le sujet va emmagasiner sur le plan physique tout un ensemble de réflexes. C’est ainsi que se structure le cerveau, sur des réflexes de réciprocité, des habitudes réflexes mimétiques, attitudes de répétition, d’apprentissage, bien que ces trois ensembles ne soient pas tout à fait identiques. Nous aurons donc un cas de variante, une édification particulière de la matière cérébrale qui va avoir des répercutions bien qu’en apparence rien ne pourra transparaître.

Un nourrisson agressé ou ayant subi des violences, de quelque ordre que ce soit même gravissimes, aura un développement physique apparemment normal. Mais il y aura par la suite à déplorer des défaillances cérébrales, auto-immunes ou endocriniennes.
Je voudrais ajouter que cela va constituer un peu la base de l’homme, le socle du sujet sur lequel il va chercher à se développer : soit évoluer vers ce que l’on a appelé les milieux marginaux, les caractériels asociaux voire la racaille ou vers une évolution spirituelle marginale voire délinquante. Dans les deux sens, on aura toujours une chienlit parce qu’effectivement, il y aura un déviationnisme pervers flagrant. Le sujet cherchera à combler un affectif perdu, soit par une montée de violence, soit par un débordement de mysticisme, soit par un important débordement littéraire, tout cela sur un fond de bouleversements physiologiques parmi lesquels on peut observer toute une panoplie allant de l’anorexie à l’hyper boulimie ou à l’hyper perversion.

Tous ces événements auront des conséquences dans l’édification de la transmission génétique.
Au chapitre de l’enfance, si l’enfant a subi des agressions physiques et psychologiques, on rencontrera par la suite des défaillances auto-immunes, des défaillances affectives, mais également toute une souche de types déviants qui peuvent avoir des formes d’intelligence super humaines pour certains sujets.
Ces faits, observés au plan sociologique, vont induire en conséquence des phénomènes de masse, des phénomènes de mœurs en adéquation avec ces modes de pensée déviants. Sans pour autant écarter la notion de défaillance du terrain physiologique dans lequel le monde bactériel va suivre des mutations importantes et prolifiques.

On aura affaire par la suite à des masses d’hommes qui seront certes besogneux, je dirais même tellement besogneux qu’ils seront opportunistes de telle façon qu’ils deviennent pervers. Pervers dans le mode dominant, ce sont des sujets dominateurs, voire des assassins, des criminels réels ou tueurs par leurs verbes, leurs mots pervers. Tout le monde connaît le type du personnage décrit par Molière dans L’avare : Harpagon peut être retrouvé dans les relations humaines de notre société mercantile..

On pourrait prendre aussi pour exemple les tueurs en série qui, sans motif au départ, versent dans des agressions répétées. Eh bien, ce genre de sujet a lui-même subi des sévices et il a enduré aussi au cours de son enfance un déviationnisme des repères, notamment affectifs, sentimentaux, idéologiques, spirituels, de mysticisme, mais aussi des repères philosophiques, ou religieux.

Il va donc se retrouver dans des conditions de probabilités aléatoires, de faire ou ne pas faire. Porté par l’événement, il n’arrivera pas à se conduire normalement, à structurer ses impulsions, c’est-à-dire ses sentiments possessifs. Parce que pour tuer de quelque façon que ce soit, il aura besoin d’avoir ou de se sentir être en possession de quelque chose, c’est cela son repère ! Il ne peut s’arrêter que lorsque l’objet désiré est obtenu. Quand je parle d’objet, que ce soit imaginatif, réel ou irréel, c’est-à-dire : « Je veux ce verre que vous tenez dans votre main. » Je le tiens et vous tenez. « Eh bien, je l’aurai quand même ! Soit qu’il me vienne en morceaux ou non. » Donc, l’objet, c’est toute l’appropriation possible.

Si on prend le cas d’Hitler, beaucoup de personnes ont subi le même genre d’éducation en Allemagne, le même genre de traumatismes particuliers dans l’enfance, sans pour autant parvenir au même phénomène sociologique. Le cas Hitler comporte d’autres aspects. S’il était resté à son modeste niveau social initial, il serait devenu certainement un tueur mais il aurait fini au bout d’une corde. Il a transgressé l’idéologie pour s’accaparer du pouvoir. Donc, le peuple a donné le pouvoir à un tueur, avec toutes les conséquences que cela comporte. On observe d’autres cas de ce genre car le peuple semble voter de préférence pour les tueurs (Bokassa, Staline, Pol Pot…) croyant ainsi se sécuriser derrière un « véritable » chef !
Restons pour l’instant dans le cadre normal : l’édification de la personnalité au cours de l’enfance s’effectue par rapport aux repères parentaux donnés, intégrés par mimétisme, par la répétition, dans le cadre d’une structure familiale, c’est-à-dire dans le cadre d’un ensemble familial unitaire.

Plus la famille est grande, plus la discrimination pourra s’opposer. Plus la famille est petite, plus les repères sont sectaires.

Plus la famille se réduit, plus les repères vont se rigidifier et comporter des carences de discrimination et d’analyse, donc de synthèse.

L’évolution humaine ne peut s’effectuer et se développer que par rapport à une confrontation sociale.

La culpabilité : une voie royale de désincarnation


Joël, professeur agrégé de philosophie a atteint la cinquantaine. Il n’a jamais vécu jusqu’à présent en harmonie avec son corps et ses instincts en raison d’une éducation basée sur la culpabilité issue d’un autre âge. Pourtant, il a une carrure d’athlète et ses origines paysannes lui ont donné de solides racines.
Mais voilà, lorsque l’on vit dans un monde d’enfermement et de négation, on pourrit dans un marais. Tel est le marasme que connaissent les enfants auxquels on a volé la joie de vivre, dérobé la jeunesse, les sacrifiant sur l’autel de la culpabilité, en raison d’enseignements religieux falsifiés, contre-nature, enrichis de génération en génération d’images fausses organisant un rejet du corps, de la relation, bref de la vie.

« C’est le premier rêve dont je me souviens de mon enfance. C’est un véritable cauchemar, je n’ai aucun souvenir de mon enfance, excepté les fessées, les fesses violettes à la suite des coups reçus, les soufflets sur les joues, ou les raclées avec des orties... »

Rêve n° 1


« J’étais dans mon lit, mes bras et mes jambes prenaient de l’ampleur, leur volume augmentait tandis que mon corps et ma tête étaient écrasés, étouffés par ces membres disproportionnés, géants. »

« Je me suis brutalement réveillé, il me semble que je suis descendu dans le potager en pleine nuit et que j’y ai fait mes besoins… Je ne parviens pas à comprendre ce que signifie ce rêve, à la relecture, cela éveille en moi une grande tristesse.
Après ce rêve, je suis “au-delà” des réalités habituelles comme si je n’étais plus dans ce corps difforme ni dans ce monde. Je me retrouve dans la blessure et plus rien ne sera jamais plus comme avant. »


Si l’on coupe les membres à un sujet, on l’empêche de se déplacer, de tenir debout mais aussi d’attraper la vie, de la saisir à bras le corps, à pleines mains. Dans le cas particulier de Joël, on a le phénomène inverse, le corps est nié et les appendices deviennent essentiels. Il faut nier le corps, ne vivre que pour le travail, le “faire” car en ferme, c’est surtout des bras qu’il faut !! Tout ce qui est de l’ordre du travail devient principal et l’essentiel, c’est-à-dire la vie elle-même est asphyxiée.

Rêve n° 2


« C’était un autre rêve très récurrent lorsque j’étais jeune, entre neuf et dix ans. »

« En retournant de l’école, je longeais sur la droit un étang avec une eau noire et je voyais de nombreux serpents qui nageaient et cela me faisait peur. »

« En fait, cet étang n’a jamais existé, il n’y avait à cet endroit de la campagne qu’une petite friche et un jour, je me suis étonné à constater que décidément là il n’y avait jamais eu d’étang. »

L’enfant est submergé par les forces de l’inconscient, en particulier par les formes de la vie chtonienne primitive (le serpent étant issu de la terre et plus précisément de la mare : une eau stagnante noire symbolisant la féminité très limitée d’une paysanne enfermée dans des idées, des pensées -les serpents- issus d’un imaginaire chrétien pathologique) diaboliques, omniprésentes, ces forces sombres qui étouffent sa vie.
Un rêve récurrent est un rêve particulièrement important car le message n’a pas été intégré par le rêveur, aussi l’inconscient lui renvoie-t-il son appel demeuré incompris. Son corps est totalement sclérosé, raidi. Il ne l’habite guère. L’univers féminin qu’il a connu était une eau stagnante, un marécage où l’on pourrit, où l’on crève, sans vie.
Certes, ces eaux noirâtres, sont des émotions en relation avec le vécu infanto juvénile auprès de ses parents, car à cet endroit le père ne valait pas mieux que la mère, bien au contraire : au lieu de la libérer de ses peurs et de l’épanouir, il ajoutait par sa paranoïa, son délire de persécution, des miasmes plus pathologiques encore.
L’ensemble peut en effet signifier toutes ces énergies négatives, ce nihilisme, cette négation de lui-même qu’il a dû supporter et qu’il a intériorisé.

L’apprentissage de la vie longe des états inconnus, désagréables qui font naître des pensées de peur dont il faut se détourner par la vision du réel.

Rêve n° 3

« A Berlin, dans un local il faut nettoyer celui-ci avec du sable. C’est bien. En particulier le plancher très usé, noirâtre, on voit bien la forme des planches. »

« Un monde sombre, ce n’est guère réjouissant mais nettoyé avec du sable, cela me semble positif, un profond nettoyage qui arase, qui enlève la crasse des années, la crasse d’une éducation folle, délirante. »


Dans le mot Berlin, on peut distinguer deux mamelles : celle de “l’air” (er) c’est-à-dire le monde de l’échange et celle de l’unité. “L’air” représente les échanges, le milieu affectif relationnel qui permet d’accéder à l’unité quand on échange avec l’autre dans la foi et la joie de la vie. Et bien toutes ces notions avaient été particulièrement saccagées. Berlin, est aussi un symbole du nazisme, on peut dire du nihilisme et du fascisme qui constituaient une négation de l’homme donc le lieu ou le phénomène psychologique a pris une dimension sociale collective conduisant aux faits que l’on connaît. L’enfance d’Hitler fut particulièrement significative à cet égard : il a été nié, foulé aux pieds comme des milliers d’autres adolescents. Ces faits furent à l’origine d’une vague déferlante, des eaux brunes et noires, les capotes noires des nazis. Tout cela s’est poursuivi dans le système communiste qui s’est effondré comme du sable, laissant çà et là des désastres humains qui marqueront les psychés et les gènes des sujets pour des générations, pour un individu qui a projeté sur autrui une purification qu’il avait à effectuer sur lui-même pour retrouver la forme initiale de l’enracinement à la vie.
L’errement collectif

Rêve n° 4


« Je voulais ranger les costumes à plat dans un placard, les uns sur les autres. J’étais face à mes parents qui n’étaient pas des parents…
J’étais prêt à me suicider, à me jeter dans un précipice ! »


« Voilà ma culpabilité face aux parents. J’ai dû marcher alors que je voulais désobéir. Mes parents m’ont imposé des habits qui m’ont étouffé. Ils ont asphyxié ma personnalité. Oui, ils m’ont dressé !
Je suis devenu empoté, pas dégourdi. Toute ma vie, j’ai voulu changer d’habits. D’abord, se déshabiller, ôter cette cuirasse qui m’a étouffé, mais l’œil des parents est toujours là, aussi suis-je mal à l’aise, écartelé entre deux exigences : être moi-même ou obéir à mes parents. C’est très dur à vivre. Autrefois, j’avais de fréquentes envies de me suicider, j’ai constamment été à côté de mes chaussures, comme je l’ai entendu un jour dire par un quidam, il renvoyait ainsi une image douloureuse. »

Françoise DOLTO est l’auteur d’un aphorisme majeur : « tout ce qu’est caché devient sexuel et sexuel pervers.

Cet errement collectif empêche les sujets d’éclore, d’être eux-mêmes libres. Ce n’est pas désobéir que de refuser d’endosser une personnalité d’emprunt, c’est au contraire un devoir que le sujet a envers lui-même de se différencier.

Certes, tout n’est pas mauvais, dans l’éducation parentale, si elle respecte les libertés, les spécificités de développement du sujet. L’endoctrinement d’une catéchèse d’une autre époque, toujours vivace dans certaines campagnes de France, amène les sujets à se suicider. Tout se passe comme si le jeune arbre était attaché à un tuteur inerte, littéralement garrotté. A la première poussée de croissance, les risques de suicide sont évidents, ce que l’ont observe d’ailleurs en clinique quotidienne.



Citation de Georges Marmin*

« Une part de bourreau s’inscrit dans la victime. C’est cette part qui est le nœud du traumatisme et non l’événement. D’où vient un risque (évitant le terme récidives) que la victime devienne bourreau à son tour. Le sujet, victime se structure sous deux plans :
1. A partir de la blessure traumatique elle-même.
2. Par imprégnation des aperceptions du bourreau lui-même. Les schémas aperceptifs du sujet victime s’élaborent par effet d’éponge, se réalisant uniquement à partir de l’événement traumatique, tout autre effet environnemental ne se voit traité que de ce point de vue ».

Rêve du 10/03/08


« C’était la fin d’un monde, la fin d’une certaine vie communautaire. Dans différentes pièces, il y avait de nombreux sacs plastiques, des déchets, des choses usagées, on nettoyait comme pour un déménagement, j’avais peur d’oublier des choses intéressantes à garder. »

Ce rêve me semble positif, c’était comme un déménagement, il faut se séparer de beaucoup de choses du passé qui encombrent, faire le tri. Cela me semble difficile, j’ai toujours le désir de garder. La morale à la campagne, c’est que « ça peut toujours servir, c’est ce que l’on disait autrefois, alors que l’on manquait de tout. J’ai eu le désir d’accumuler un savoir toujours plus grand, pour mieux vivre. S’informer, connaître, c’est essentiel. Il y a l’ignorance de l’imbécile qui ne sait rien et l’ignorance à la Montaigne qui sait beaucoup, mais pour qui le mystère du monde reste entier.

Connaître, oui, mais cela ne signifie pas accumuler, thésauriser. Avec le fait de vieillir, le désir de se désencombrer doit s’accroître, car de toute façon on n’amènera rien dans l’autre monde !

Remplir les sacs plastiques de déchets, ce sont des traumatismes, ce fut comme cela, il ne faut pas y revenir, mais les envoyer dans les poubelles de l’histoire. Il y a des choses à garder, oui certes ! C’est nécessaire et c’est difficile. Il y a toujours des désirs de se sécuriser à tout prix. Le juste prix n’est pas évident. Pourquoi ? me direz-vous, parce qu’il y a la peur de perdre son identité, de perdre le peu de ce que l’on a acquis. Et pourquoi meubler son champ de conscience par tous ces agresseurs et ces traumatismes ? Peut-être est-ce pour lutter contre la peur de la solitude ? C’est peut-être cela l’individuation au sens fort ?

Rêve récent n° 5


« On m’enlevait de la peau épaisse (avec de la chair) sur l’avant du bras gauche. Cela allait repousser. C’était mieux.

Le bras gauche : la gaucherie. Un être maladroit. Espérer un mieux. Pourquoi pas ? »


Le rôle de la psychanalyste respecte les concepts d’Alice Bailey de guérison ésotérique: il fallait opérer Joël, libérer son bras gauche, l’aile du cœur symbolisant le sentiment, la fonction affective et relationnelle qui avait été bloquée dans son enfance par ses parents.

Conclusions


Le servilisme le mode de vie va engendrer non seulement un mode de penser mais aussi un cheminement. La façon de vivre génère des facilités ou inversement toute une série d’ennuis plus ou moins mutagènes. La façon de penser son mode de vie génère un mode de cheminement qu’on va impliquer à l’entourage et qu’on va présenter comme la manière la plus facile de mener son existence.

L’homme a une certaine capacité de s’adapter de la façon la plus paresseuse possible aux choses de la vie car l’être humain a le rejet facile de l’effort or faire l’effort c’est vivre c’est aussi tenter de s’améliorer. C’est chercher un progrès permanent et inversement se laisser aller constitue une des principales capacités de l’être humain car il s’efforce d’effectuer le moindre effort possible pour en retirer un maximum de possibilités. Forcément la descendance va copier ou recopier plus ou moins intelligemment cet état d’être et de concevoir l’existence. En général la descendance recopie encore plus mal et rejette volontiers ceux qui font un effort. L’homme a cette capacité de se soumettre à des recettes à des rites, à des pouvoirs qu’on va lui dicter, à ceux qui lui enseignent une manière d’être, de penser, une façon de concevoir, de faire car il ne peut jamais être debout il est trop fatigable pour l’être donc il préfère rester à genoux.

Cette position lui permet d’être dans une position de soumission. Il en découle une forme de paresse intellectuelle qui va générer des vagues notions de culpabilité « ah si j’avais su, ah si j‘avais pu faire, si j’avais décidé autrement ! » parce que l’homme aime se retourner sur son passé, ou sur les actes effectués. En général, l’être humain n’aime pas rester debout ni marcher, ni tenter de comprendre le pourquoi, le comment. Il ne cherche pas non plus à comprendre sa manière de fonctionner il attend qu’on lui dise ce qu’il doit faire, qu’on lui dicte son comportement ce qu’il doit penser, c’est cela la caractéristique principale de l’homme parce qu’en général l’homme demeure un pion sur une case. Cela rejoint le thème sur la spiritualité évoqué dans l’errement collectif.

Rêve n° 6

« En pleine campagne, après avoir beaucoup marché avec papa, j’arrive à une maison très simple, très coincée entre un chemin qui descend. C’était une maison de très gentils protestants. »

« Pour avoir beaucoup marché avec mon père sur le chemin de la vie, on n’arrive à pas grand-chose : un univers très sombre, une toute petite ruelle étroite, allongée, dans un chemin de descente. Les protestants étaient très gentils. Mon père était très critique, mais il était très soumis. Pouvait-il faire autre chose ? Il était « gentil », somme toute. Tout cela est bien petit bourgeois. Avec le recul, comment ai-je pu vivre une telle existence ? Une question se pose : Comment peut-on vivre ainsi ? Cela devient une question métaphysique. »

La vie est un combat permanent, il ne faut jamais baisser la garde. Ecouter sa nature profonde et voir en quoi elle diffère d’un contingentement collectif. Certes, si l’on vit l’inquisition, il est bon de courber l’échine mais ainsi de garder son libre arbitre et de penser autrement. C’est pourquoi le siècle des lumières a apporté à l’humanité un enseignement majeur. Il est bon de protester tout en restant très gentil, très humain. Encore faut-il mesurer ses réactions, ses humeurs afin que cette protestation ne conduise pas à l’échafaud.

Au cours de l’assemblée générale annuelle de l’association que je préside, se trouvait précisément, parmi les adhérents, une enseignante agrégée de philosophie qui devait me poser une question sur les greffes d’organes. Il y a en effet une similitude entre les greffes psychiques, opérées depuis l’antiquité, et ce qui existe maintenant au niveau des greffes d’organes dans l’univers médical contemporain.

Les dominicains et d’autres confréries religieuses avaient l’habitude d’effectuer ce genre de greffes. On impose à un sujet une personnalité d’emprunt qu’il porte toute sa vie comme une chape de plomb – phénomène souvent observé chez les religieuses, par exemple, certaines, en fin de vie, prennent conscience d’avoir raté leur existence. Le phénomène n’est pas rare non plus chez les prêtres –. Cette forme d’endoctrinement se retrouve également dans certaines sectes ou dans des chapelles politiques très engagées. En ce qui concerne les greffes d’organes, de nombreuses observations ont montré que le corps du receveur récupérait certaines attitudes comportementales du donneur. Si ce dernier, par exemple, était buveur de bière ou allergique, le receveur devenait lui-même enclin à boire de la bière ou allergique. Lors de greffes complexes, cœur-poumon, par exemple, certains patients greffés m’ont fait la confidence, ainsi qu’à d’autres observateurs, d’avoir une seconde personnalité en eux qui étouffait progressivement la première. Ils n’avaient plus conscience d’être unique dans leur corps. Les considérations sur le corps énergie vont dans ce sens. L’introduction dans un corps-énergie A d’un élément B qui a son autonomie, revient à avoir deux systèmes émetteurs dans un même corps, ce qui va entraîner des interférences, des zones d’ombre, et bien souvent un lent pourrissement du corps du receveur.

Voilà qui pose la question de l’évolution spécifique à chacun d’entre nous avec en arrière plan le problème de l’évolution psychologique et spirituelle, je veux dire sortir d’un état primaire non dégrossi, de la barbarie, pour s’édifier lentement, comme un arbre le fait depuis ses racines dans la terre pour diriger sa ramure vers le ciel. C’est aussi le problème de la personnalité du sujet. Comment s’édifie-t-elle ? La psychanalyse nous a montré combien il était nécessaire de se dégager d’un enfermement familial et d’un attachement trop prononcé à ses parents ou à l’un d’entre eux. Si l’on veut bien effectuer une extension de cette conception, cela comporte également un comportement où l’on sacralise sa femme, ses enfants, la nourriture, mais également les rapports de force ou les systèmes répétitifs, les protocoles, les droits que l’on pense avoir.

« En médecine, le protocole pré-établi est le summum de la médiocrité. »

On retrouve cette attitude dans toutes les religions sous forme de règles sacrées en dehors desquelles il n’y a point de salut. C’est un désert si l’on quitte le navire et nul n’a le droit de s’en extraire.

Or, le spirituel, c’est bien être capable d’aller à la rencontre de soi-même, par tous les moyens. Si, au cours de l’évolution, on s’arrête, on devient sectaire. Il est donc nécessaire de se relever, de faire face et d’apprendre à se reconnaître. C’est cela la voix spirituelle, retrouver son propre soleil, être capable de s’apprécier et de s’enthousiasmer pour la vie par rapport à sa propre démarche et non point par rapport aux règles édictées, voire aux dix commandements de Moïse ou tous ceux que l’on nous a enseigné. Si un sujet reste primaire, cela entraîne l’étroitesse de vue, des conceptions inquisitoriales et sectaires ; aussi rêvent-ils de têtes de loups dévorants de quelques variétés de monstres qui viennent les réveiller la nuit leur signifiant une attitude monstrueuse dont il serait bon de quitter les rives malsaines. Car, la non évolution psychologique retentit sur l’organisme.

L’évolution spirituelle est nécessaire, indispensable à la mutation de l’homme, mais il devient alors le pire ennemi du pouvoir. Car, le pouvoir, c’est quoi ? C’est la sacralisation de plus en plus étroite de la soumission pure, servile qui exerce un ostracisme, bien évidemment, envers ceux qui essaient de se mettre debout, à quatre pattes, en rampant, afin de devenir superbement et modestement eux-mêmes.

Le spirituel, c’est l’évolution de l’état de l’homme. Le pouvoir désacralise sans cesse l’homme et à force de subir des pressions, il s’oublie, il devient un objet, voire une marchandise négociable, il devient jetable en raison de profits particuliers. Toute recherche de pouvoir et toute évolution vers le pouvoir induit à terme ce genre de comportement. Le pouvoir est déstructurant de la condition de l’homme.

Seule l’évolution spirituelle est positive par rapport à cette évolution négative. Aller vers la spiritualité ne veut pas dire être religieux, ni entrer en religion, mais être capable de se reconnaître, de se mettre debout pour développer sa connaissance, la faire fructifier et ensoleiller sa connaissance sur le chemin de la Grande Connaissance.

L’évolution spirituelle est à l’inverse d’un religionisme quelconque, c’est prendre en compte sa capacité de s’élancer vers la vie afin de trouver la position la plus confortable possible, de s’épanouir dans l’existence. Je n’ai jamais vu un ermite, y parvenir, car ils sont dans le refus de l’environnement, ils refusent leur propre bien-être. Pourquoi torturer son corps alors qu’on torture en permanence sa cervelle, ce qui donne une évolution pensive permanente ? Il faut reposer son corps, le soulager, lui permettre de nous porter en chemin, donc de prendre acte de son existence. C’est là le trésor le plus important. Il n’est nullement interdit de profiter des bienfaits de la vie et de prendre grand soin de nous-mêmes ainsi que de nos proches, tout en respectant les autres, la nature.
En conclusion, l’évolution spirituelle, c’est être capable de se mettre debout, d’en tirer profit pour soi et pour autrui. Si on en tire profit seulement pour soi, on retombe vite dans l’égoïsme, alors qu’il faut être capable d’engranger un échange et d’apporter à l’autre le sourire, le rire, de notre soleil intérieur.

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